Un Indicateur de Performance Energétique (IPE) est un ratio ou autre relation quantitative liant la consommation énergétique d’un usage et, un ou plusieurs facteurs extérieurs influant sur cette consommation, comme la température extérieure, la quantité de matière produite, etc. Il se retrouve donc au sein des entreprises tertiaires et industrielles. 

Les IPE permettent d'objectiver la performance d’un usage énergétique dans des conditions comparables, c’est-à-dire en tenant compte de la variation des facteurs influant sur la consommation.

Vous vous posez des questions sur la performance énergétique ? Nous vous répondons via notre FAQ dédiée.

Pourquoi mettre en place des IPE ?

Parce qu'ils automatisent : en facilitant la lecture, le constat de l’impact de vos actions "green", de réduction des consommations et par extension de réduction de gaz à effet de serre.

Un Indicateur de Performance Energétique est un outil nécessaire au suivi objectif de la performance énergétique d’un actif. Nécessaire, en ce sens qu’il est un facilitateur dans l’analyse des consommations relativement aux paramètres influents sur celles-ci. Lorsqu’ils sont utilisés qualitativement sur des usages multiples et nombreux, ils permettent donc de vous aider à opérer efficacement vos installations sur le plan énergétique. L’IPE est un levier d’optimisation de votre temps de suivi de vos objectifs d’énergie non consommée et ainsi que de décarbonation.

Quels avantages les entreprises retirent-elles de la mise en place d'un IPE ?

En pratique, ils sont un allié indispensable dans vos démarches volontaires ou en réponse aux exigences règlementaires, notamment celles fixées par le décret tertiaire.

Les indicateurs de performance énergétique permettent notamment de :

  • Comparer la performance réelle des sites industriels et des bâtiments à une valeur cible fixée dans l’entreprise - la valeur cible doit traduire la volonté d’amélioration de la performance énergétique, elle doit être révisée régulièrement,
  • Mettre en évidence les efforts et gains réels obtenus suite à la réalisation d’actions d’économies d’énergie, comme des réglages, des travaux de rénovation, le remplacement d’équipement, la mise en place d’un logiciel de GTB (gestion technique du bâtiment), etc.
  • Être alerté en cas de dérive de consommations d’énergie et réagir rapidement, notamment via des opérations de maintenance corrective ou via des réglages sur les équipements,
  • Comparer sa performance à celle des périodes passées et à celles du secteur d’activités pour améliorer son efficacité énergétique,
  • Piloter sa production en donnant la priorité aux lignes ou équipements les plus performants.

Et tout ceci dans une dimension locale (une usine, un bâtiment) comme dans une logique de parc immobilier ou industriels. A l’échelle locale des IPé seront construits en lien avec l’activité, tandis qu’à l’échelle du parc, d’autres indicateurs, seront construits afin de comparer objectivement les actifs entre eux lorsque cela est possible, permettront à la direction du groupe de constater l’impact global de ses investissements dans sa politique de réponse aux exigences règlementaire ou sa politique « green » de verdissement des consommations de son parc.

Comment déterminer ses IPE ?

La détermination des IPE varie grandement en fonction du secteur d’activité et du type d’usage énergétique. Définir les « bons » IPE nécessite donc une connaissance approfondie de vos usages et besoins énergétiques, ce qui est permis par la réalisation d’un audit énergétique ou par la mise en place d’une démarche ISO 50001.

Par la suite, les étapes de mise en place d’IPE sont les suivantes :

  • Dans un premier temps, déterminer les usages énergétiques que vous comptez suivre à l’aide d’IPE (exemple : chauffage, air comprimé, éclairage, séchage, fusion, etc), en fonction de critères de sélection adaptés,
  • Déterminer les facteurs extérieurs qui exercent une influence sur la consommation énergétique associée aux usages. Il peut s’agir des conditions météo (DJU pour Degré Jour Unifié) pour le chauffage, de la durée d’occupation des bâtiments pour l’éclairage, du taux d’humidité du produit à sécher et de la pluviométrie pour le séchage, etc.
  • Dans un second temps, identifier les facteurs extérieurs sur lesquels il existe une possibilité de maîtrise, ou non,
  • Réaliser un plan de comptage pour identifier l’instrumentation à mettre en place pour récupérer les données de mesures et d’exploitation (compteurs/capteurs), puis identifier les méthodes de relève et d’analyse de ces données. Idéalement, cela se traduit par la télérelève des compteurs, couplée à la mise en place d’un logiciel de supervision, bien que ces moyens soient à adapter en fonction de l’enjeu que représente l’énergie pour le site.

Quelles méthodes et outils pour calculer et analyser ses IPE ?

Une fois déterminés, il devient nécessaire de les alimenter, d'ajuster les cibles et bien sûr de réaliser des analyses régulières, automatisées ou non. C'est ici que la dimension de l'optimisation de votre temps d'exploitation de ces données prend place.   

Regroupés au sein d'un tableau de bord, ces indicateurs, permettent ainsi le monitoring de l'énergie consommée en assurant d'avoir une vision claire et objective de vos performances énergétiques. Ils constituent ainsi un système d'indicateurs qui permettent d'identifier les dérives et les améliorations de chaque usage, et ainsi de vous conduire à obtenir une meilleure efficacité énergétique sur chacun d’eux, ou à maîtriser la performance atteinte.

Les indicateurs seront alimentés par des données fiables : compteurs d’énergie fournisseurs/concessionnaires ou secondaires, données météorologiques externes, données issues des logiciels ERP internes, données issues des machines-outils, lignes de production, suivi de matières premières etc.

Ils seront rassemblés dans un tableau de bord de monitoring qui peut être dans un premier temps un outil « maison » réalisé à partir des logiciels classiquement utilisés dans l’entreprise. Cette première étape à l’avantage de permettre sans attendre, de réaliser les démarches de récupération de ces données auprès des différents interlocuteurs de l’entreprise (services internes, fournisseurs d’énergie) et de prendre connaissance de la qualité de la donnée pour la travailler (format, fiabilité, fréquence de récupération).

Cet outil de monitoring sera ensuite confié à une ou plusieurs personnes dont le rôle est couramment nommé Energy Manager. Ce rôle peut être confié à une ou plusieurs personnes de l’entreprise qui prendront sur leur temps métier afin de se consacrer à l’observation des indicateurs et construire des analyses en conséquence. Ou se rôle peut être confié à une entreprise externe, dont les Energy Manager sont experts dans la réalisation de ces analyses et vous guideront dans les plans d’action à mettre en place.

Enfin, il existe des logiciels métiers, appelés logiciels experts, capables d’accueillir vos données source et dont l’ergonomie est conçue pour vous faciliter la création en totale autonomie des indicateurs, des cibles des tableaux de bords, des alertes, des rapports (quotidiens, hebdomadaires, mensuels, etc.). Certains de ces outils sont développés comme des options qui peuvent s’ajouter à votre logiciel de GTC/GTB déjà présents sur vos sites industriels et ou bâtiments. D’autres, réalisés par des éditeurs spécialisés, sont conçus pour exploiter vos données issues de votre GTC/GTB à partir, par exemple, de bases de données au format SQL et à l’aide desquelles ils peuvent interagir dans des conditions normées d’échange de données.

Ces logiciels de monitoring peuvent être également alimentés des actions prévisionnelles de réduction de vos consommations et/ou de décarbonation. Vous pourrez les déclarer, les suivre et constituer un point unique de suivi de votre démarche d’entreprise.

Ainsi, votre outil de monitoring concentrera les informations dans des vues ergonomiques adaptées à un suivi régulier et efficace, comportant alertes, graphiques et éléments de synthèse.

Finalement ces outils, qu’ils soient « maison » ou « expert » lorsqu’ils sont achetés sur le marché, auront l’avantage de vous faciliter la tâche dans l’atteinte de vos contraintes règlementaires (Décret Eco-Tertiaire), vos démarches volontaires certifiées (ISO 50001) ou non.

Nos consultants peuvent vous aidez dans vos choix ! 

Exemples d'IPE sur les principales utilités industrielles

Vapeur

kWh/tvapeur

Vapeur 5 bars
950 kWhPCS/t

Eau chaude

kWh/m3

Eau (80°C)
95 kWhPCS/m3

Air comprimé

Wh/Nm3
Taux de fuite (%)

Air comprimé 7 bars
110 à 125 Wh/Nm3

Taux de fuite raisonnable à 10-15 %

Froid

kWhFROID /

kWhELEC

Chauffage

kWh/DJU*.m²

*disponible gratuitement sur https://www.degreedays.net/

Quel lien avec la norme ISO 50001 ?

Le plan de comptage ainsi que la création d’IPE, sans oublier la mesure des économies réalisées, font partie des exigences de la certification à la norme ISO 50001.

Financement par les Certificats d'économies d'énergie

La mise en place d’IPE dans l’industrie donne droit à une prime des Certificats d’Économies d’Énergie, ou CEE, suivant les critères de l’opération standardisée IND-UT-134 : Système de mesurage d’indicateurs de performance énergétique.

Le taux de couverture varie en fonction de la puissance des équipements monitorés et peut même dépasser les 50 % si ces équipements ont une puissance de plusieurs mégawatts.