Électrification des procédés : les clés d’un changement gagnant
28 juillet
2025
Coût de la tonne de CO₂, pression réglementaire, objectifs climatiques… Face aux défis de la transition énergétique, de plus en plus d’entreprises s’intéressent à l’électrification de leurs usages. Moins émettrice de CO2 que le gaz naturel, plus efficace et plus flexible, l’électricité présente de nombreux atouts. Le point sur ses avantages, les équipements à prioriser et les dispositifs d’aides financières pour accompagner ce changement stratégique…
Électrification des usages, de quoi parle-t-on ?
L’électrification des usages désigne le remplacement ou la compensation des énergies fossiles par de l’électricité pour répondre aux besoins énergétiques d’une entreprise. L’électrification couvre donc les procédés industriels, mais elle s’étend également aux locaux de bureaux (chauffage fioul et gaz) aux transports, en particulier aux flottes de véhicules d’entreprise. Cette démarche vise trois objectifs principaux : améliorer l’efficacité énergétique, décarboner les activités et renforcer l’indépendance énergétique.
Parce qu’elle permet d’alimenter des procédés alternatifs bénéficiant d’un rendement supérieur à celui constatés avec des technologies exploitant des énergies fossiles (gaz, pétrole), l’électricité permet alors de consommer moins d’énergie primaire.
L’électrification des procédés est également un excellent moyen d’enclencher son processus de décarbonation industrielle, en particulier à un moment où les entreprises doivent faire face à la fin progressive des quotas gratuits de CO2… et donc à une hausse anticipable du coût du carbone. En outre, de plus en plus de donneurs d’ordre exigent de leurs fournisseurs qu’ils maîtrisent leurs émissions de Scope 2, ce qui accentue la pression pour électrifier les usages.
Enfin, deux autres points, et pas des moindres : la souveraineté énergétique et le coût de l’énergie. En France, « on n’a pas de pétrole, mais on a de l’électricité ! » Contrairement aux hydrocarbures importés dont la disponibilité et le coût dépendent largement du contexte géopolitique mondial, l’électricité produite au niveau national, décarbonée à hauteur d’environ 95 %, garantit une certaine stabilité d’un point de vue production et fluctuation du prix face à la volatilité des marchés des énergies fossiles. Pour les entreprises, réduire la part de ces hydrocarbures dans leur mix énergétique contribue ainsi à une plus grande indépendance énergétique et une meilleure maîtrise des coûts liés à l’énergie.
Pour toutes ces raisons, il est donc essentiel pour les acteurs des secteurs industriel et tertiaire de diversifier leur mix en faveur de l’électricité. Et avec la fin de l’ARENH (Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique) à l’horizon 2025, au-delà de cette diversification, les entreprises devront également remettre à plat leur stratégie en matière d’achat et d’usage de l’électricité…
Fin de l’ARENH : décryptage
L’ARENH prendra fin le 31 décembre 2025. Ce dispositif permettait aux fournisseurs alternatifs d’acheter jusqu’à 100 TWh/an d’électricité nucléaire à un tarif régulé de 42 €/MWh, soit bien inférieur aux prix de marché observés depuis 2021-2022, qui oscillaient généralement entre 70 et 150 €/MWh, voire plus en période de tension.
Grâce à ce mécanisme, les industriels pouvaient indirectement bénéficier d’une électricité à bas coût via leur fournisseur. La disparition de l’ARENH entraînera probablement une hausse des prix de l’électricité. Pour anticiper cette évolution, il est donc essentiel de mettre en place des stratégies adaptées, comme le couplage entre autoconsommation et PPA (Power Purchase Agreement).
L’autoconsommation permet en effet d’assurer une meilleure maîtrise de son approvisionnement énergétique et d’en stabiliser les coûts. Quant aux PPA, ils permettent de sécuriser un prix d’achat stable sur le long terme, réduisant l’exposition à la volatilité du marché. Combinées, ces deux approches permettent de réduire durablement sa facture énergétique, de garantir une meilleure prévisibilité des coûts et de se prémunir des futures hausses de prix !
Les avantages de l’électricité par rapport au gaz naturel
Dans le contexte d’une transition énergétique chaque jour plus urgente en raison de l’accélération du changement climatique, l’électrification des procédés industriels s’impose comme une solution stratégique, avec à la clé de nombreux avantages par rapport au gaz naturel, lorsque l’électricité est issue de sources décarbonées…
Zéro émission de CO2 sur le site
Atteinte des objectifs en matière de neutralité carbone.
Meilleure efficacité énergétique
Rendement plus élevé des procédés électriques par rapport au gaz, qui implique des pertes lors de la combustion.
Plus grande agilité dans la production
Précision, rapidité et réactivité des procédés industriels alimentés à l’électricité, en particulier pour le réglage de la puissance, de la température, etc.
Maintenance moindre
Moins d’usure mécanique du fait d’un nombre réduit de pièces et possibilité de maintenance préventive grâce aux dispositifs de capteurs et de monitoring.
Intégration aux énergies renouvelables
Couplage des procédés électriques avec l’autoconsommation sur le site.
Monétisation de la flexibilité
Valorisation possible de la flexibilité électrique des nouveaux équipements. En savoir plus sur la flexibilité >
Électrification des usages : conseils pratiques pour identifier les équipements à prioriser
Avant d’engager un projet d’électrification, il est essentiel d’identifier les gisements d’économies d’énergie et de procéder à une étude de dimensionnement. L’objectif ? Garantir que les nouveaux équipements électriques offriront une puissance équivalente à ceux qu’ils remplacent. Il s’agit également de s’assurer que l’équipement ciblé existe en version électrique, qu’il pourra répondre aux exigences du procédé et s’il nécessitera d’augmenter la puissance souscrite ou de créer un nouveau point de livraison, impliquant une intervention d’Enedis ou RTE…
Cette évaluation peut être intégrée à un audit énergétique, réglementaire ou volontaire, ou encore à une revue énergétique dans le cadre d’une certification ISO 50001.
Globalement, les équipements à fort potentiel de substitution sont ceux qui consomment beaucoup de gaz naturel ou produisent de la vapeur. Il s’agit notamment des :
- Chaudières vapeur à gaz ;
- Fours industriels à gaz ;
- Sécheurs à gaz ;
- Cuiseurs/pasteurisateurs à vapeur ;
- Tunnels de séchage à gaz ;
- Bains chauffants à gaz.
En termes de retour sur investissement, ces nouvelles consommations électriques peuvent par ailleurs être valorisées grâce à la flexibilité électrique, qui permet de moduler la consommation en fonction des signaux de prix du marché.
La production de chaleur de confort : un quick win en matière d’électrification des usages
L’un des leviers les plus rapides à activer en matière d’électrification des procédés ? La production de chaleur pour le confort des occupants ! Parce qu’il n’a pas d’impact sur les processus industriels, le remplacement des chaudières par des pompes à chaleur est une solution simple, rapide et efficace. Dans l’industrie, il est également possible d’installer des pompes à chaleur avec récupération de chaleur fatale. Cette chaleur récupérée peut ensuite être réinjectée dans la pompe à chaleur, augmentant ainsi son rendement et réduisant encore davantage la consommation énergétique globale.
Quelles aides financières pour l’électrification des usages ?
Vous souhaitez électrifier vos procédés industriels ? Plusieurs dispositifs sont mobilisables, des aides pour les études et conseils en ingénierie aux soutiens financiers pour le remplacement de vos équipements en passant par les aides régionales. Tour d’horizon des financements accessibles…
PACTE Industrie
Ce programme permet de financer une étude d’opportunité d’évolution du mix énergétique, pour avoir une vision exhaustive à long terme des solutions de décarbonation techniquement compatibles avec un procédé industriel spécifique. ACCIONA Energía est d’ailleurs référencée par l’ADEME pour la réalisation de ces études.
Fiches d’opérations standardisées CEE
Depuis avril 2025, le dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie, ou CEE, prend désormais en compte la consommation d’énergie finale, ce qui permet de valoriser les projets d’électrification des usages. Deux fiches sont ainsi particulièrement pertinentes :
- la fiche IND-UT-137 pour la mise en place d’un système de pompe à chaleur en rehausse de température de chaleur fatale récupérée
- la fiche IND-UT-138 pour la conversion de chaleur fatale en électricité ou en air comprimé.
Contrats de performance énergétique
Le remplacement des équipements peut également être financé en intégralité via un contrat de performance énergétique (CPE), qui garantit un résultat mesurable et en adéquation avec vos objectifs.
Autres aides
Le dispositif DECARB FLASH permet de financer des projets de moins de 3 millions d’euros. D’autres aides régionales existent également, notamment via les programmes portés par l’ADEME.
Vous souhaitez engager la transition énergétique de votre entreprise via un projet d’électrification ? Contactez nos experts pour obtenir des réponses à toutes vos questions !